Détecter l’invisible : Orikio au cœur de la recherche sur la souffrance respiratoire
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Quand la souffrance respiratoire devient enfin visible grâce à l’intelligence artificielle
La respiration est une fonction vitale singulière. Elle est à la fois automatique, contrôlable… et audible. Pourtant, lorsque la fonction respiratoire se détériore, la souffrance qui en résulte reste encore trop souvent invisible, en particulier chez les personnes âgées ou vulnérables, qui ne sont pas toujours en capacité de l’exprimer.
De nombreuses pathologies (respiratoires, cardiaques, neurologiques ou neuromusculaires) peuvent altérer la fonction pulmonaire. Cette altération entraîne l’activation de réseaux cérébraux responsables de réponses compensatoires (modification du rythme respiratoire, réactions de stress, manifestations d'anxiété et de peur), exprimées par les patients sous la forme d’un symptôme central : la dyspnée. Cette sensation consciente, désagréable et menaçante de l’acte respiratoire constitue un signal d’alerte majeur, qui devrait conduire à une prise en charge rapide.
Mais lorsque cette alerte ne peut pas être exprimée ,en raison de troubles cognitifs, de difficultés de communication ou d’un manque de disponibilité humaine, la souffrance respiratoire peut passer inaperçue, avec un risque réel de perte de chance pour le patient.

C’est dans ce contexte que s’inscrit l’étude OSOpnée1, un projet de recherche et développement mené par Orikio, en partenariat avec le Pr Capucine Morélot Panzini, cheffe du service de Pneumologie de la Pitié-Salpêtrière, et Pr Thomas Similowski, professeur de pneumologie, membre du conseil scientifique d’Orikio et Directeur de l'unité de recherche UMRS 1158 INSERM-Sorbonne Université.
Ensemble, ils partagent une même ambition : lutter contre l’invisibilité de la souffrance respiratoire en s’appuyant sur les apports conjoints de la clinique, de l’éthique et de l’intelligence artificielle.
Une intelligence artificielle à l’écoute de la respiration
La respiration présente une particularité unique : elle est la seule fonction vitale audible de l’extérieur. Une respiration rapide et monotone, des sifflements, des gargouillis, une respiration laborieuse ou des gémissements expiratoires sont autant d’indices sonores d’une souffrance respiratoire sous-jacente. Ces signaux sont facilement identifiables.
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L’intelligence artificielle d’Orikio est capable d’identifier automatiquement des situations de détresse liées à des bruits spécifiques dans les chambres de résidents ou à domicile. À partir de cette analyse, le système envoie aux équipes soignantes des alertes qualifiées et contextualisées, permettant des interventions rapides et ciblées. Un système de veille plus sécurisant, intelligent et plus préventif, pour un meilleur accompagnement.
Des alertes respiratoires aux premiers impacts cliniques
À l’écoute des enregistrements réalisés dans les chambres, les équipes de labellisation d’Orikio ont identifié des épisodes respiratoires pouvant être inquiétants. Ces observations ont conduit à la création d’alertes respiratoires spécifiques, désormais intégrées aux dispositifs déployés en EHPAD, handicap et au domicile.
Les retours du terrain ont rapidement mis en évidence leur potentiel : certaines alertes ont donné lieu à des interventions urgentes, voire à des appels aux services d’urgence et à des transferts médicalisés.
“On a pu sauver un résident en intervenant immédiatement sur une détresse respiratoire. Aujourd'hui, on ne reviendrait plus en arrière.”
- Témoignage de Jean-Baptiste Mïs, directeurs d’établissements handicap, Groupe Afiph.
Cette dynamique illustre très concrètement une levée de l’invisibilité de la souffrance respiratoire : ne plus laisser une détresse respiratoire évoluer sans être perçue ni prise en charge.
OSOpnée1 : structurer, analyser et démontrer
L’étude OSOpnée1, démarrée le 3 novembre pour une durée d’un an, vise à évaluer scientifiquement la pertinence et l’impact de ces alertes respiratoires en conditions réelles.
Le responsable du traitement des données est l'Association pour le Développement et l'Organisation de la Recherche en Pneumologie et sur le Sommeil (ADOREPS), garant du cadre scientifique et éthique de l’étude. Son financement est assuré conjointement par :
- une subvention de la Région Île-de-France, obtenue par le Pr Similowski dans le cadre de la Question d’Intérêt Majeur 2024 « Vulnérabilités respiratoires » coordonnée par le Pr Marc HUMBERT ;
- et par Orikio, engagée dans une démarche de recherche clinique rigoureuse.
L’étude s’inscrit dans une dynamique plus large visant à favoriser la recherche en pneumologie, physiologie respiratoire, neurophysiologie respiratoire, réanimation et sommeil, ainsi que la diffusion de ses résultats.
Les analyses porteront notamment sur la corrélation entre les alertes émises par Orikio et :
- les interventions réalisées par les équipes soignantes,
- les adaptations thérapeutiques,
- les hospitalisations éventuelles,
- et la nécessité d’une surveillance accrue après l’alerte.

Un attaché de recherche clinique (ARC) analysera les données avant, pendant et après les alertes, à l’aide d’une interface développée par KerNel Biomedical, afin de garantir une exploitation structurée, fiable et sécurisée.
Un enjeu éthique et sociétal majeur
La levée de l’invisibilité de la souffrance respiratoire s’inscrit pleinement dans le droit au soulagement, d’abord reconnu pour la douleur, puis étendu à l’ensemble des symptômes. Rechercher activement et traiter la souffrance respiratoire relève aujourd’hui d’un impératif éthique et du respect d’un droit humain fondamental.
Démontrer qu’une intelligence artificielle peut identifier une souffrance respiratoire chez une personne incapable de la signaler, et déclencher une intervention humaine visant à la soulager, présente un intérêt public essentiel. À ce titre, l’étude OSOpnée1 est susceptible d’apporter un bénéfice aux résidents, aux soignants, à la société et à la communauté scientifique.
Établissements partenaires
Nous remercions chaleureusement les établissements partenaires engagés dans l’étude OSOpnée1 :
- La Fondation Saint-Hélier avec les établissements de Saint-Jacut, Sainte-Marie et de Rennes.
- Le Groupe VYV avec les EHPADs de Kerloudan, Louannec, Plouisy, Ploumagoar.
- Ehpad de Penvenan
Leur implication est déterminante pour faire progresser la connaissance et améliorer la prise en charge de la souffrance respiratoire.
Prochaines étapes
L’ambition finale d’OSOpnée1 est de donner lieu à des publications scientifiques et à des communications en conférence, afin de partager les enseignements de cette recherche et de contribuer à l’évolution des pratiques.
Avec OSOpnée1, Orikio affirme sa conviction : rendre visible l’invisible, c’est déjà commencer à soulager.


